CP Diminution des solutions d’accueil et suppression du congé parental : l’équation impossible

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La publication du rapport de la commission d’enquête parlementaire sur le modèle économique des crèches et la qualité de l’accueil des jeunes enfants au sein de leurs établissements par les députés Thibault Bazin (LR) et Sarah Tanzilli (Renaissance) confirme les difficultés pratiques et économiques du secteur et le risque de supprimer à la va-vite le congé parental de 3 ans pour le remplacer par un autre de seulement 6 mois. Ce sujet est aussi complexe que fondamental pour les parents et les enfants, comme l’a souligné le rapport de la commission des 1000 premiers jours, présidée par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik.

Le rapport de la Commission d’enquête parlementaire constate que les difficultés des parents à trouver des solutions d’accueil s’aggravent année après année, avec un nombre toujours insuffisant de places de crèches, dont 9500 sont en outre gelées par manque de personnel et avec la diminution du nombre d’assistantes maternelles, liée aux départs en retraite non remplacés :  de 2016 à 2020, leur capacité d’accueil s’est réduite de 77 300 places.

Les conséquences sur le marché du travail sont directes : « selon le baromètre de satisfaction 2023 de la FFEC (Fédération Française des Entreprises de Crèches), près de 160 000 parents [seraient empêchés] de retourner sur le marché du travail. »

La Caisse nationale des allocations familiales partage ces observations. Si la moitié des parents sont candidats à une place en crèche, seuls 19% d’entre eux réussissent à y accéder. Tous modes de garde confondus, le rapport déplore « une baisse du taux de couverture en termes de solutions d’accueil, qui s’établit à 49 % en 2021, et qui devrait continuer à diminuer dans les prochaines années. »

Ces constats cités par le rapport parlementaire ont été faits avant même le projet d’un congé de naissance de 6 mois qui remplacerait le congé parental de trois ans, projet qui accentuerait fortement la pression sur les demandes de solutions d’accueil.

« La qualité du travail de la commission parlementaire nous invite à la plus grande prudence et à se garder de toute décision brutale aux conséquences non évaluées à ce jour, mais qui seraient très vraisemblablement catastrophiques pour les familles, compte-tenu des difficultés déjà existantes. L’éloignement de l’emploi serait à l’évidence accentué pour les parents tandis que la conciliation vie professionnelle-vie familiale, favorisée par les temps partiels rendus possibles par l’abondement du congé parental, régresserait. La baisse de la natalité ne sera certainement pas enrayée avec une telle mesure ! » souligne Ludovine de La Rochère, Présidente du Syndicat de la Famille.

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