Mardi 1er juin, débats bioéthique en Commission à l’Assemblée

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Mardi 1er juin – En marche vers le sabotage de la filiation

Tel un rouleau compresseur, la majorité reprend, pour la 3ème fois, avec arrogance et « fierté » la marche du sabotage de la filiation et de l’égalité de tous dès la naissance.

Ils sont tous là : Agnès Firmin-Le Bodo, Jean-Louis Touraine, Coralie Dubost, Guillaume Chiche. Et il faut aller vite ! La présidente déroule, en mode robot, amendements après sous-amendements : le progrès n’attend pas. En effet le temps presse pour « enfin » (!) mettre en œuvre ce « marqueur du quinquennat d’Emmanuel Macron » qui sous couvert d’égalitarisme entre adultes créera une discrimination irréversible entre tous les enfants. Mais le co-rapporteur Jean-Louis Touraine l’assure : « L’intérêt supérieur de l’enfant c’est notre credo » (sic) alors même que, quelque minute plus tard la majorité présidentielle supprimera l’article 1er A voté par le Sénat en deuxième lecture. Oui, « il y a [bien] deux absents dans ce projet de loi bioéthique : le père qui est évincé et l’enfant », comme le déplore justement Annie Genevard.

Ils sont aussi là, tenaces et déterminés, les députés de l’opposition ; déterminés à dénoncer cette folie du projet de loi bioéthique alors que les conditions ne sont pas réunies (nombre de députés réduits du fait de la taille de la salle, temps de parole, dépôts des amendements) pour une étude sérieuse et approfondie d’un texte aux bouleversements anthropologiques vertigineux, comme le rappelle en introduction Patrick Hetzel. Qu’importe ! Jean-Louis Touraine déroule : « La PMA sans père n’est qu’une étape, il y en aura d’autres après. » Nous sommes prévenus. Le gouvernement, qui brille une fois de plus par son absence, s’entête, désireux de mettre en place « une [nouvelle] conception de la famille » qui s’apparente à un « bricolage de l’individu » (Xavier Breton).

Mais bien sûr, que savent les opposants à la PMA sans Père et à toutes ses conséquences : PMA post-mortem, PMA pour les trans, filiation fictive avec deux « mères » sur l’acte de naissance de l’enfant, ROPA, GPA ? Que savent-ils des besoins fondamentaux, vitaux, anthropologiques, constitutifs de l’enfant ? Bastien Lachaud balaie toutes les réticences d’un revers de main : « Vous parlez d’un enfant qui n’existe pas. L’enfant forcément hétérosexuel et genré. Tous ces enfants emmenés aux Manifs Pour Tous en 2013 qui se sont découverts transgenre ou homo plus tard ». L’enfant n’est plus une personne ; l’enfant est un droit, un objet que tout adulte doit pouvoir posséder : « Dire qu’il n’y a pas de droit à l’enfant est un contre sens qui n’a pas sa place dans ce texte » déclare la co-rapporteur Cécile Dubost. Tenez-le-vous pour dit : tous les adultes « doivent pouvoir concrétiser leur projet procréatif », des mots de Jean-Louis Touraine.

La machine est enclenchée. D’un cœur léger et joyeux, les députés progressistes « organisent l’effacement du père » dénoncé par Emmanuelle Ménard, voire même le brouillage des sexes : il faut aller plus loin pour Jean-Louis Touraine, qui défend bec et ongles la PMA pour les trans, c’est-à-dire pour des femmes qui ont effectué une transition pour adopter un corps et une identité d’homme tout en restant femme.

Si Patrick Hetzel s’alarme de la pénurie de gamètes qui vient avec son lot de dérives dont la rémunération des gamètes, le co-rapporteur a la solution : « s’il manque de gamètes en France, c’est parce qu’il manque de donneurs. C’est parce que les gens ne savent pas qu’ils peuvent donner. Si on faisait des campagnes, on aurait trop de donneurs. » Et d’ajouter, malgré tout, parce qu’il est de fait favorable à la marchandisation humaine : « il faut reconnaître l’altruisme en le rémunérant ».

Les lectures se passent et se ressemblent : la majorité présidentielle se fait un devoir de déconstruire méthodiquement ce qui fait notre humanité.