Jeudi 3 juin, débats bioéthiques en Commission à l’Assemblée

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À l’Assemblée nationale, les enfants naissent d’une vue de l’esprit

À l’issue du troisième jour de discussions dans une salle reculée et exigüe de l’Assemblée nationale (qui, vu le contexte, permet de réduire au maximum le nombre de participants…), où en sommes-nous ?

L’ensemble des articles sont rétablis quasiment à l’identique de la version du gouvernement présenté et débattu dans l’hémicycle en première lecture : PMA pour les couples homme-femme, les couples de femmes et les femmes seules sans conditions médicales et remboursée par la sécurité sociale ; autoconservation des gamètes sans motif médical ; double don de gamètes et suppression de l’accord du conjoint pour donner ses gamètes. Si la PMA post-mortem (naître d’un père mort), la PMA pour les trans ou la ROPA, une gestation pour autrui qui ne dit pas son nom et qui consiste à implanter l’ovule d’une femme du couple dans l’utérus de sa partenaire, ont été rejetées, la possibilité d’autoriser des centres privés à but lucratif à prélever et conserver des gamètes a été ajoutée.

Il en va de même de l’établissement de la filiation à l’égard de la femme qui accouche et à l’égard de la femme qui n’a pas accouché par la reconnaissance conjointe anticipée devant notaire et de la même reconnaissance conjointe – mais pas anticipée – pour les couples de femmes qui ont eu recours à une procédure d’AMP à l’étranger avant le jour où cette loi entrerait en vigueur.

Cet article 4 du projet de loi est une violence faite à l’enfant par l’interdiction qui lui est faite de chercher et d’établir sa filiation paternelle. Et ce n’est pas parce que c’était déjà le cas des enfants nés de PMA avec tiers donneur pour un couple homme-femme que cela changera la donne pour ceux qui n’auront même pas un père adoptif. Réponse glaçante et méprisante de la co-rapporteur Coralie Dubost, campée sur sa toute-puissance arrogante : « Je ne partage pas votre raisonnement que je trouve fragile. Je vous l’explique depuis trois lectures et vous faites mine de ne toujours pas comprendre : nous ne créons pas un nouveau dispositif en matière de filiation. » D’après elle, en effet, si deux femmes ont la volonté d’avoir un enfant, cela suffit à dire qu’une filiation existe. Mais depuis quand les enfants sont-ils conçus par une simple vue de l’esprit ?

Dans cette salle, les mots sont vidés de leur sens, la réalité n’en est plus une, les enfants naissent dans les choux ou les roses par la seule volonté d’un gouvernement idéologue et apprenti sorcier. Un gouvernement qui se joue de ce qui est en train de se jouer, pratiquant la politique de la chaise vide – pas une ministre n’a passé la tête à la Commission – comme pour relativiser l’amputation d’une violence extrême qu’il s’apprête à infliger à jamais en matière de filiation. Une discrimination ab initio, organisée par loi et sous couvert d’égalité entre tous les ADULTES, alors même que l’égalité commence dès la naissance puisque nous naissons tous, sans exception, d’un homme et d’une femme et que nous avons tous besoin d’eux.

Enfin, si la GPA est « une ligne rouge que le gouvernement s’interdit de franchir », le projet de loi dit « bioéthique » permettra en fait de reconnaître au cas par cas des filiations d’intention pour des adultes se considérant comme les parents d’enfants qu’ils ont commandé à une mère porteuse à l’étranger. Et rien n’y fait, pas même l’intervention d’Annie Genevard qui pointe la lâcheté d’une majorité aveuglée et moutonnière qui se refuse à reconnaître que la GPA exploite des femmes vulnérables pour satisfaire le désir d’enfants de riches Français.

Et passons sur la course à l’échalote hautement dangereuse avec la volonté réitérée de créer des embryons humains génétiquement modifiés et des embryons auxquels seraient adjoints des cellules animales. Qu’importe également que l’émergence du COVID soit due à une manipulation malheureuse en laboratoire, comme cela semble se confirmer, qui a fait passer une maladie de l’animal à l’homme. Et qu’importent les discours grandiloquents sur l’écologie, la main sur le cœur ! Il en va du classement de la France à l’international en matière de recherches, dixit Philippe Beta, un autre des co-rapporteurs du projet de loi bioéthique.

En synthèse : un texte honteux, violent, déshumanisant et discriminant pour les enfants. Mais quelle importance pour Emmanuel Macron, déjà en campagne présidentielle, ratissant à droite et à gauche, quoi qu’il en coûte…