L’échec de la commission mixte paritaire (CMP) acte l’absence de consensus

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« SOS consensus » : l’opération menée par La Manif Pour Tous aux abords de l’Assemblée nationale à l’heure où se réunissait la commission mixte paritaire avait pour objectif de dénoncer l’absence évidente de consensus sur un projet de loi qui divise inutilement la société. Inutilement parce que le Conseil d’Etat a clairement rappelé dans un avis du 28 septembre 2018 que l’encadrement actuel de l’accès à la PMA n’est pas discriminatoire et ne constitue aucunement une rupture d’égalité entre les citoyens, contrairement à ce qu’affirment certains. « la différence de traitement […] entre les couples formés d’un homme et d’une femme et les couples de personnes de même sexe […] n’est pas contraire au principe d’égalité ». « Rien n’oblige à modifier les conditions d’accès à la PMA » soulignait-il encore.

Devant des bébés géants recouverts de symboles de l’euro et de codes barre pour dénoncer la marchandisation humaine inhérente à la PMA sans père et à la GPA, une dizaine de jeunes femmes habillées en Marianne ont rappelé que la République est une et indivisible et qu’elle est là pour protéger tous ses enfants, notamment de la volonté de certains de les priver volontairement de père. « L’amour d’un père est irremplaçable. Tous, nous avons 2 parents : un père et une mère. C’est ainsi. Et ce qui nous donne des grands parents paternels et maternels, des oncles, des tantes, des cousins, une histoire, des racines… C’est le plus souvent un trésor irremplaçable » selon l’une d’elles.

Plusieurs députés, dont Patrick Hetzel, membre de la commission mixte paritaire, sont venus apporter leur soutien à l’opération et partager le constat de l’absence de consensus. Pour eux, cet échec de la commission mixte paritaire doit conduire le gouvernement à faire un choix : soit poursuivre le processus législatif en supprimant les mesures qui ne font pas consensus au sein de la société et du Parlement, soit suspendre l’examen et prendre le temps nécessaire, après la fin de l’état d’urgence sanitaire, à élaborer un projet de loi de bioéthique respectueux de l’humain et de l’éthique et qui rassemble les Français.

« En politique, il faut toujours éviter la surenchère et le passage en force, surtout sur des questions sensibles comme les sujets sociétaux telles que la bioéthique, la PMA sans père ou la GPA. Il faut aussi respecter ses engagements. Lorsque le consensus est présenté comme une condition sine qua non et qu’il n’est pas présent, il faut savoir le reconnaître. Le fait est que plus les débats avancent, plus l’opposition au projet de loi bioéthique se renforce » observe Ludovine de La Rochère, Présidente de La Manif Pour Tous. « S’entêter, s’obstiner, essayer de passer en force d’un côté ou respecter la démocratie de l’autre : la balle est dans le camp du gouvernement qui a l’occasion de prouver qu’il sait être à l’écoute du Parlement et des Français. A 15 mois à peine d’échéances électorales majeures, la raison devrait pouvoir l’emporter sur les passions d’une poignée de militants radicaux », conclue-t-elle.