Le bébé « ne crie pas pour vous énerver »

Dans un paragraphe intitulé « Punitions corporelles », le nouveau livret indique notamment que « frapper un enfant (fessées, gifles, tapes, gestes brutaux) n’a aucune vertu éducative. Les punitions corporelles et les phrases qui humilient n’apprennent pas à l’enfant à ne plus recommencer, mais génèrent un stress et peuvent avoir des conséquences sur son développement ». Dans la foulée, il précise qu’il ne s’agit pas de « culpabiliser les parents » et rappelle l’existence de lieux de soutien à la parentalité, ouverts à ceux qui se trouvent en difficulté. Alors que l’on estime à 200 le nombre de syndromes de bébé secoué chaque année en France, le livret souligne également que le bébé « ne crie pas pour vous énerver » et que « se fâcher après un bébé qui pleure ne sert à rien ».

Le livret rappelle aussi l’existence de l’entretien prénatal précoce, encore méconnu. Prévu par la loi, il permet à tout futur parent d’avoir une discussion avec une sage-femme ou un gynécologue en dehors d’une consultation pour s’informer, faire part de ses attentes, de ses interrogations et de son projet de naissance.

Un « déni de paternité » selon la Manif pour tous

Créé en 2002 pour accompagner la création du congé paternité, mis en place par Ségolène Royal, le livret paternité était devenu « obsolète », indique-t-on au ministère des Familles. « Les futurs parents ont besoin d’une information validée et actualisée. Ils peuvent trouver beaucoup d’infos sur Internet, via des forums de discussion, des chats… qui ne sont pas toujours fiables », souligne-t-on au ministère. Le nouvel intitulé de « livret des parents » veut également faire une place aux nouvelles familles, recomposées ou homoparentales, même si ces dernières ne sont pas citées explicitement dans le document. Un parti pris qui ne manque pas d’agacer la Manif pour tous.

« Ce livret a voulu prendre en compte les femmes qui font des PMA à l’étranger et il évite donc le mot de « père ». Ne pas le nommer, ne pas lui donner une place, c’est une conséquence de la loi Taubira, un déni de paternité. Il n’est plus question de cette altérité qui est nécessaire à la construction d’un enfant. C’est très révélateur de toute une idéologie qui déconstruit la filiation, estime la présidente du mouvement, Ludovine de la Rochère. Mais si les recommandations du livret sont justes, avoir un père et une mère est le premier besoin de l’enfant. Alors que la ministre ne reconnaît même plus ce droit fondamental, ses conseils sur l’éducation sont malvenus. »

Doublement des moyens pour aider la parentalité

Le ministère des Familles, de son côté, rappelle que ce livret – qui vise à donner « des repères-clés » aux parents – a été rédigé en concertation avec la Fédération nationale de l’école des parents et des éducateurs et l’Unaf (union nationale des associations familiales). Mais aussi que les moyens dédiés à la politique d’accompagnement à la parentalité ont doublé, passant de 50 millions d’euros annuels en 2012 à 100 millions d’euros annuels dans la COG (convention d’objectifs et de gestion conclue entre l’État et les caisses nationales de la branche famille) pour la période 2013-2017.