PMA : LE LOUP ET L’AGNEAU

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Revu et corrigé par le Sénat, le texte de la loi bioéthique n’a contenté personne. Et pour cause : l’insémination des femmes par tiers donneur anonyme, qui fait l’objet de l’article 1, ne relève pas de la bioéthique. C’est une loi du marché qui plonge notre droit de la famille dans un guêpier juridique.

 

Ce projet de loi, avait dit le président Macron, il ne le porterait pas sans « un large consensus » ni comme « un combat identitaire. » Pour accréditer l’idée d’une filiation anti généalogique, il a donc fallu faire pression sur l’opinion, ce à quoi le gouvernement s’est attaché avec une efficacité redoutable, digne du livre 1984 d’Orwell. Convoqué l’an dernier en Etats généraux, le peuple répondit à l’appel avec un sérieux qui l’honorait. Consulté, le Conseil national d’éthique reconnut , par la bouche de son président, le professeur Delfraissy — et ce n’est pas rien—« l’absence de consensus » concernant la PMA sans père. A la question de l’inégalité que l’on créerait entre les enfants, nés avec un père, et les orphelins de père, Jean-Louis Touraine, quant à lui, répondit cette année : « Nul n’a de droit à avoir un père ». On comprit alors ce que signifiait l’expression dans sa bouche : « l’éthique à la française ». On multiplia les sondages. Le peuple se déclarait pour l’égalité et, en même temps, contre la privation de père pour l’enfant. Une haute personnalité affirma qu’un père n’était pas forcément un mâle. C’est dire combien les esprits sont déboussolés. En tout cas, grâce aux lobbys, aux médias et à la reductio ad homophobiam du discours, l’idéologie des « nouvelles familles issues du don » a fonctionné à merveille : bientôt la loi de la PMA sans père sera débattue à l’Assemblée en seconde lecture.

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