« Bien vieillir » est une responsabilité intergénérationnelle
22 octobre 2026
Le vieillissement accéléré de la population oblige à dépasser l’alternative entre domicile et établissement. Bien vieillir suppose une solidarité nationale durable, des services accessibles partout et des relais familiaux organisés, sans faire des proches les financeurs ou les accompagnants par défaut.

Selon l’Insee, la France compte en 2026 près de 2,15 millions de personnes, de plus de 60 ans, en perte d’autonomie dont 710 000 en situation de grande dépendance. D’après les projections, elles pourraient être même 2,8 millions au début des années 2050. Le défi générationnel est aussi relationnel : 3,9 millions de proches aident un aîné à domicile et 47 % d’entre eux signalent une incidence sur leur santé. L’isolement touche 2 millions de personnes âgées en France ; 750 000 n’ont pratiquement plus aucun lien familial, amical, associatif ou de voisinage.
La loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement (ASV) du 28 décembre 2015 a revalorisé l’allocation personnalisée à l’autonomie (APA ; créé par la loi du 20 juillet 2001) et a reconnu le droit au répit. La loi du 7 août 2020 a créé la branche « Autonomie » de la Sécurité sociale, gérée par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). La loi « Bien vieillir » du 8 avril 2024 a institué le Service public départemental de l’autonomie (SPDA). Elle a renforcé les droits et la lutte contre les maltraitances. Et elle a même prévu, avec l’engagement du Gouvernement de l’époque lors des débats, une loi de programmation pluriannuelle … avant le 31 décembre 2024 … mais aucun texte n’a été déposé depuis. En outre, la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 a porté le budget de la branche « Autonomie » à 44,45 milliards d’euros, dont 516 millions d’euros pour les services à domicile et 75 millions d’euros pour la mobilité de leurs professionnels.
Si ces avancées méritent d’être soulignées, elles demeurent très fragmentées. En effet, selon le département de résidence d’une personne dépendante, aussi bien l’offre que les tarifs et les délais diffèrent. Le domicile dépend encore de la disponibilité des intervenants, du logement et de l’entourage familial. Un enfant organise les rendez-vous et les courses de son parent, un conjoint assure les nuits, un petit-enfant aide parfois pour les démarches administratives et numériques, … Certes, tous ces relais sont de nature à préserver l’autonomie de la personne aidée, mais ils provoquent également de la fatigue, une réduction d’activité, un éloignement géographique et des conflits au sein de la famille.
Pour toutes ces raisons, le Syndicat de la Famille appelle les pouvoirs publics à s’engager davantage pour le « bien » comme pour le « mieux » vieillir, à travers plusieurs leviers, notamment :
- En amendant le PLFSS 2027, afin de créer, lors d’une 1ère demande d’APA, un « plan familial d’autonomie » facultatif : répartition consentie des rôles, professionnel référent, solution de secours et droit au répit, sans transfert des obligations publiques.
- En créant, via un véhicule législatif, un crédit d’impôt remboursable et partageable entre proches finançant l’adaptation du logement ou un habitat intergénérationnel, y compris pour les ménages non imposables.
- En réunissant, lors la Conférence annuelle de la famille, des « Assises des générations » pour évaluer les écarts territoriaux et préparer les transitions.
Bien vieillir s’inscrit dans la solidarité nationale, laquelle doit soutenir les liens entre générations … mais sans pour autant, transformer l’affection familiale en obligation financière ou en prise en charge permanente.
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