La dignité d’une personne ne se mesure ni à son autonomie, ni à son âge, ni à son utilité. Elle ne se discute pas : elle se respecte, du commencement à la fin de la vie.
La bioéthique n’est pas une affaire de spécialistes. Elle fixe ce que la loi permet de faire du corps humain — le prélever, le conserver, l’utiliser pour la recherche, en disposer — et elle le fait au nom de tous. Ces décisions engagent la société entière, bien au-delà des situations particulières qui les motivent.
Depuis les premières lois de bioéthique, chaque révision a élargi ce qui était permis. Les délais de recherche sur l’embryon se sont allongés, les conditions d’accès aux techniques de procréation se sont ouvertes, et ce qui avait été présenté comme une exception est devenu la règle. Le Syndicat de la Famille ne conteste pas le progrès des connaissances : il conteste qu’une limite soit tenue, par principe, pour provisoire.
Le corps humain n’est pas une ressource. Ce principe — la non-disponibilité du corps — est ce qui interdit de l’acheter, de le louer et d’en faire commerce. Il protège d’abord ceux qui n’ont pas les moyens de le défendre : la femme à qui l’on propose de porter l’enfant d’un autre, le donneur rémunéré, l’enfant conçu pour répondre à une attente. L’inscrire dans la Constitution le mettrait hors d’atteinte des révisions successives.
Aux deux extrémités de la vie, les mêmes questions reviennent : qui décide, au nom de qui, et avec quelles garanties. Une bioéthique digne de ce nom part de la personne la plus vulnérable de la situation, pas de la demande la plus pressante.
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