Si la fin de vie fait partie de la vie, la dépendance n’ôte rien à la dignité d’une personne. Elle appelle des soins, une présence permanente et bienveillante, afin que nul ne demande la mort face à la solitude ou au sentiment d’abandon.
La fin de vie d’une personne place sa famille devant des décisions lourdes, marquées par la maladie, la fatigue, l’épuisement, l’incertitude, la peur. La personne malade doit demeurer au centre de toute décision : sa parole, ses directives anticipées et la personne de confiance qu’elle a désignée s’imposent à tous. Les débats sur la fin de vie et l’aide à mourir ont divisé le pays comme peu de sujets l’avaient fait auparavant. Le Syndicat de la Famille, sans nier la réalité de la souffrance, alerte sur un grand basculement : celui d’une société qui répond à la détresse en supprimant celui qui souffre, plutôt qu’en soignant sa souffrance.
Notre inquiétude se porte d’abord sur les plus vulnérables : les personnes âgées, isolées, dépendantes, celles dont l’autonomie ou le discernement sont fragilisés par la maladie. Pour elles, la frontière entre un choix authentiquement libre et une résignation, nourrie par le sentiment de peser sur les autres, est la plus ténue. Une loi qui ouvre un tel droit doit être entourée de garanties à la hauteur de ce qu’il engage : la vie elle-même.
À la logique de l’injection létale, le Syndicat de la Famille oppose celle de l’accompagnement : le développement réel des soins palliatifs, la formation des soignants, la présence auprès du malade et de ses proches. L’accompagnement par des soins palliatifs suppose leur accès partout, à domicile comme en établissement. Il exige des équipes formées, du répit, un soutien psychologique et une présence auprès de la famille jusqu’au deuil. Mais faute de moyens, l’aide quotidienne repose sur la famille, au risque d’épuiser les liens que la solidarité nationale devrait pourtant soutenir.
C’est au nom de cette conviction que le Syndicat de la Famille, qui défend le droit opposable aux soins palliatifs et ses garanties d’accès, a saisi le Conseil constitutionnel après l’adoption de la loi : non pour rejouer le débat parlementaire, mais pour que le texte soit examiné à l’aune des principes qui protègent les personnes les plus fragiles.
Ce que nous demandons
- Le développement réel des soins palliatifs, plutôt que le recours à l’injection létale.
- Un accompagnement effectif des malades, des aidants et des familles.
- Des garanties solides pour les personnes les plus vulnérables.
Du combat à la mesure