Le Syndicat de la Famille
SolidaritésNote hebdo

Aidants familiaux : plus de répit et une meilleure indemnisation

6 octobre 2026

Depuis 2010, la journée nationale des aidants a lieu chaque 6 octobre. Malgré des progrès, la reconnaissance de leur droit au répit et leur indemnisation restent insuffisantes. L’aide familiale demeure indispensable, mais son coût humain, professionnel et financier ne peut reposer que sur les proches.

enfant handicapé et maitresse

En France métropolitaine, 5,9 millions de proches aident régulièrement une personne vivant à domicile dans ses gestes de la vie quotidienne. La dernière étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), publiée le 29 septembre 2026, révèle que 36 % déclarent avoir besoin de répit, soit 2,1 millions de personnes. Parmi eux, 35 % ne prennent pas suffisamment de pauses et 14 % n’en prennent aucune.

Cette pression traverse toutes les générations : un parent aide son enfant handicapé, un enfant accompagne son parent vieillissant, un frère ou une sœur prépare « l’après-parents ». On comptait, en 2021, 500 000 mineurs aidants ! Ce besoin de répit touche aussi 51 % des parents aidants, dont 80 % cohabitent avec un enfant aidé. En outre, 41 % des proches aidant sont des femmes, contre 30 % des hommes ; et 65 % aident au moins 5 heures par jour.

La famille demeure le premier relais : 47 % des pauses se répercutent sur l’entourage ou sur un professionnel à domicile, tandis que seulement 21 % font appel à une solution extérieure. Parmi les aidants assurant une surveillance constante et demandant du répit, seuls 3 % ont utilisé le relayage à domicile. D'ailleurs, seuls 28 % savent où trouver l’information.

Les droits des aidants familiaux ont progressé. Une assurance vieillesse des aidants (AVA) existe depuis 2023. L’allocation journalière du proche aidant (AJPA), créée en 2020, est alignée sur le salaire minimum depuis 2022 et peut couvrir 4 proches, 66 jours chacun, depuis 2025. Mais l’AJPA reste forfaitaire, à 66,64 € par jour en 2026.

Concernant le droit au répit, lié à l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), il demeure plafonné à 583,52 € par an et sous conditions. La loi du 15 novembre 2024 portée par Jocelyne Guidez, sénateur de l’Essonne, a pérennisé le relayage de longue durée, sans droit universel. La Conférence nationale du handicap (CNH) du 4 septembre 2026 soutient pour 7 M€ des villages de répit … mais sans réforme générale de l’indemnisation. La Conférence nationale de l’autonomie, qui doit se tenir cet automne, devra traduire son axe « aider les aidants » en termes de moyens et de calendrier.

Ainsi, pour le Syndicat de la Famille, 3 leviers peuvent être défendus : 

  • Un amendement au PLFSS pour indemniser l’AJPA, à 80 % du revenu net perdu, dans la limite de 1 800 € mensuels, sans descendre sous le forfait actuel ; 
  • Une proposition de loi créant un crédit annuel de répit attaché à l’aidant, portable entre départements (indépendant de l’APA ou de la prestation de compensation du handicap - PCH), pour assurer une garantie de relais sous 24 heures qui couvrirait les imprévus sans avance de frais ;
  • La Conférence annuelle de la famille doit aussi intégrer un volet sur le « relais familial » impliquant familles, employeurs et services publics pour repérer les jeunes aidants, accompagner les fratries et préparer « l’après-parents ».
La reconnaissance des aidants exige de transformer la solidarité familiale en choix soutenu … jamais en obligation silencieuse compensant l’insuffisance des services publics.

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