Le Syndicat de la Famille
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APL étudiantes : nouveau coup de rabot (caché) pour les familles

5 octobre 2026

Non seulement le gouvernement ne prévoit pas de revaloriser, « exceptionnellement en 2027 », les aides personnelles au logement (APL), mais il entend, en plus, imposer des restrictions pour les étudiants issus de familles considérées comme aisées. C'est ce qu'il appelle un « droit d’option».

logement étudiant

Passée relativement inaperçue au milieu des nombreuses mesures du projet de loi de finances pour 2027, cette disposition mérite pourtant toute notre attention. Car derrière une simple ligne budgétaire se cache une réalité très concrète pour des milliers de familles.

À compter du 1er septembre 2027, au-delà d’un revenu fiscal de référence par part de 30 200 euros, les familles concernées devraient choisir : soit conserver leur enfant dans leur foyer fiscal et bénéficier de la demi-part supplémentaire, soit permettre à leur enfant étudiant de conserver son aide au logement en renonçant au rattachement fiscal.

Autrement dit : l’APL pour l’étudiant ou l’avantage fiscal pour les parents.

Jusqu’à présent, ces deux dispositifs pouvaient se cumuler. Demain, pour certaines familles, il faudra choisir.

Et les montants ne sont pas anodins. Le gouvernement indique que l’aide au logement perçue par les étudiants s’élève en moyenne à 2 160 euros par an, tandis que l’avantage fiscal maximal lié à la demi-part supplémentaire est de 1 807 euros.
(Source : exposé des motifs du projet de loi de finances pour 2027, article 78, consacré au « droit d’option ».)

Voilà les sommes qui sont en jeu pour le pouvoir d’achat des familles. Autrement dit nouveau coup de rabot pour les familles.

« Cette mesure ne vise que les familles aisées » peut-on déjà entendre.

Regardons de plus près et prenons un exemple concret : Paul gagne 3 200€ nets par mois. Sa femme Sophie gagne 2 800€. Leur fille, Emma, quitte le domicile familial pour faire ses études dans une autre ville. Elle loue un studio étudiant et bénéficie actuellement de l'APL. Leur revenu fiscal de référence de 100 000 € les place donc au-dessus du seuil prévu par la mesure. C'est précisément là que le mécanisme de choix « droit d’option » intervient : garder Emma rattachée au foyer fiscal et renoncer aux APL ou ne plus rattacher Emma au foyer fiscal mais continuer de percevoir les aides au logement.

Bref, alors que Parcoursup peut avoir conduit Emma à poursuivre ses études à plusieurs centaines de kilomètres du domicile familial, que Paul et Sophie auront à assumer un second logement, les transports, les dépenses quotidiennes et toutes les charges liées à la vie étudiante de leur fille, voilà qu’on demande à cette famille moyenne de remettre la main au portefeuille.

On est donc en droit de se demander : un revenu fiscal permettant de franchir le seuil fixé par le gouvernement signifie-t-il nécessairement que les parents disposent des moyens suffisants pour financer le logement et les études de leur enfant ?

Certes, la mesure figure actuellement dans le PLF 2027, et ce dernier n’est à ce stade qu’un projet et doit encore être examiné par le Parlement, mais son symbole, lui, est déjà là.

Demander aux familles de choisir entre l’aide au logement de leur enfant et l’avantage fiscal lié à son rattachement, c’est faire peser davantage sur elles le coût des études supérieures.

Et c’est aussi envoyer un message inquiétant : celui d’une solidarité nationale qui se réduit au moment même où la solidarité familiale est déjà fortement sollicitée.

Philosophiquement, c’est peut-être là le point le plus préoccupant : à force de transférer progressivement sur les familles la charge de financer les études, le logement et l’autonomie des jeunes, ne risque-t-on pas de fragiliser la solidarité familiale elle-même ?

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