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Relancer le mariage pour soutenir la natalité française

4 novembre 2026

Le mariage reste majoritaire en France, mais son poids relatif diminue depuis plusieurs décennies. Alors que notre pays traverse une crise démographique sans précédent, les données montrent que les femmes mariées ont plus souvent des enfants que celles qui vivent en union libre ou sont pacsées. Il est temps de redonner au mariage, forme d’union particulièrement stable et sécurisante pour les conjoints et les enfants, une place centrale dans notre politique familiale. La fiscalité pourrait constituer un véritable levier d'incitation.

mariage

Selon les données de l'INSEE, en 1990, 87 % des couples étaient mariés, contre 13 % vivant en union libre.

En 2022, la situation a considérablement évolué : 71,9 % des couples étaient mariés, 8,9 % pacsés et 17,6 % vivaient en union libre.

Quels liens entre le mariage et la natalité ?

Parallèlement au recul du mariage, la France connaît une baisse importante de sa natalité. Mais les données montrent également que la fréquence des naissances varie sensiblement selon la forme d'union choisie.

Une autre étude de l’INSEE publiée en 2017 montre que les naissances sont plus fréquentes au sein des couples mariés que chez les couples pacsés ou vivant en union libre. Entre 2011 et 2015, parmi les femmes de 25 ans au plus, 25 % de celles qui étaient mariées ont donné naissance à au moins un enfant dans l’année, contre 17 % de celles qui étaient pacsées et 14 % de celles vivant en union libre.

Entre 26 et 30 ans, l’écart reste important : 21 % des femmes mariées de cette tranche d’âge ont donné naissance à au moins un enfant dans l’année, contre 19 % des femmes pacsées et 15 % des femmes vivant en union libre.

Les femmes mariées ont ainsi près de deux fois plus souvent un enfant dans l'année que celles vivant en union libre avant 26 ans. Ces chiffres mettent en évidence une association entre le statut matrimonial et la fréquence des naissances, qui mérite d'être prise en considération dans notre politique familiale.

Pourquoi les Français se marient-ils moins ?

Il faut également s'interroger sur les raisons qui conduisent les Français à repousser ou à renoncer au mariage.

Une enquête Flash/Ymanci intitulée « Les Français et le mariage : amour et budget » publiée en juin 2025, identifie notamment la peur du divorce et le coût du mariage parmi les principaux freins déclarés. Le coût est cité par environ un tiers des personnes interrogées.

L'aspect financier constitue donc un frein à ne pas négliger. L'État pourrait jouer un rôle en donnant un véritable coup de pouce aux jeunes couples qui souhaitent s'engager dans le mariage.

Regardons ce qui se fait à l'étranger :

Certains pays utilisent déjà la fiscalité pour encourager le mariage, notamment celui des jeunes couples. La Hongrie en fournit un exemple intéressant.

Elle propose une réduction de la base imposable aux couples dont le mariage est le premier pour au moins l'un des deux conjoints. Cet avantage fiscal commence le mois suivant le mariage et peut être accordé pendant une durée maximale de 24 mois.

Il ne s'agit pas d'une exonération totale d'impôt, mais d'un dispositif qui traduit une volonté politique claire : utiliser la fiscalité pour encourager le mariage.

Et en France ?

Aujourd'hui, les couples mariés bénéficient d'une déclaration commune et de deux parts fiscales pour un couple sans enfant à charge. Cette règle s'applique quel que soit leur régime matrimonial, sous réserve des exceptions prévues par la loi.

Mais le PACS ouvre exactement les mêmes droits en matière d'impôt sur le revenu. Le mariage ne bénéficie donc d'aucun avantage fiscal spécifique par rapport au PACS.

Ce dispositif ne constitue pas une véritable politique d'incitation au mariage. Il est temps d'aller plus loin.

Ce que nous proposons

La France pourrait mettre en place un avantage fiscal spécifique au premier mariage, afin d'encourager les jeunes couples à franchir le pas et de redonner au mariage une place centrale dans notre politique familiale.

Plusieurs dispositifs pourraient être étudiés :

  • Une exonération d'impôt sur le revenu pendant les 12 premiers mois suivant le mariage.
  • Une réduction progressive de l'impôt pendant les trois premières années du mariage.
  • Une prime incitative de 700 € attribuée par la CAF.

Ces mesures devront naturellement faire l'objet d'une évaluation budgétaire et d'une étude d'impact démographique, afin de mesurer leur capacité réelle à susciter des mariages et des naissances supplémentaires.

Il faut faire du mariage un engagement reconnu et soutenu par la puissance publique, tout en contribuant à créer un environnement plus favorable aux projets familiaux et à la naissance d'enfants.

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