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Infertilité : Plus de recherche, moins de PMA

9 octobre 2026

La recherche sur les pathologies de la fertilité ne progresse plus parce que le recours à la procréation artificielle est presque systématique. Or, pour le respect de l’éthique, mais aussi du couple et de l’enfant sur les plans humains et médicaux, il faut parvenir à traiter plutôt que se résigner à faire des PMA indéfiniment.

infertilité

La fertilité désigne la capacité à avoir des enfants (tandis que la fécondité est le fait d’avoir des enfants). L’infertilité est donc le fait de ne pas pouvoir concevoir d’enfants.

L’OMS, cependant, définit l’infertilité comme « l’incapacité à obtenir une grossesse après 12 mois de rapports sexuels réguliers non protégés », sous-entendu pour un couple homme-femme en âge de procréer.

Il est évidemment nécessaire d’avoir une définition précise de l’infertilité et, notamment, de fixer un délai à partir duquel on considère qu’il existe un problème d’infertilité, lequel ouvre à des explorations afin d’en identifier les causes et, si possible, les traiter.

La définition de l’OMS est pourtant problématique parce que, telle quelle, elle conduit les autorités sanitaires françaises à estimer que 15 à 25% des couples en âge de procréer seraient concernés par l’infertilité, soit 3,3 millions de personnes.

Mais il s’avère que le décalage de l’âge auquel les couples tentent d’avoir un enfant est la première cause de l’infertilité telle que décrite officiellement. Autrement dit, ces couples auraient été fertiles s’ils avaient envisagé jeunes d’avoir un enfant. La question, ici, n’est donc pas médicale, mais sociale.  

Qu'est-ce qui cause l'infertilité ?

Quant à l’infertilité, bien réelle cette fois-ci, elle aurait trois causes principales d’après les autorités sanitaires françaises : l’exposition à différents facteurs environnementaux potentiellement reprotoxiques, les pathologies du système reproducteur et le mode de vie (tabac, alcool, obésité ou extrême maigreur, sédentarité…).

Plus précisément, pour ce qui concerne les facteurs environnementaux, sont mentionnés l’exposition aux perturbateurs endocriniens, les produits phytosanitaires, la pollution atmosphérique ou encore certains polluants auxquels les intéressés sont exposés dans la période pré-conceptionnelle.

Mais ces facteurs ne sont pas tous répertoriés, les seuils et modalités d’impact restent mal connus, même pour les perturbateurs endocriniens, qui pourraient être à l’origine de la baisse de la qualité spermatique de la population française constatée par une étude conduite entre 1989 et 2005.

Sur le plan médical, chez l’homme, des troubles de la spermatogénèse ainsi que l’azoospermie obstructive sont les causes principales d’infertilité. Chez la femme, l’infertilité peut être causée par des pathologies des ovaires, de l’utérus ou des trompes, tel que le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), l’endométriose ou encore les fibromes.

Enfin, certaines pathologies peuvent impacter la fertilité chez les deux sexes, telles que les pathologies hypothalamo-hypophysaires et les dysfonctions sexuelles.

Le fait est que la conception d’un enfant implique divers organes masculins et féminins, ainsi qu’une succession d’événements physiologiques. Les pathologies possibles sont donc nombreuses.

La PMA ne soigne pas l'infertilité

La procréation médicalement assistée (PMA) ne soigne pas l’infertilité : elle la contourne. Or le recours presque systématique à la PMA a ralenti la recherche sur l’infertilité.

La PMA, pourtant, pose de nombreux problèmes : éthique (pour l’embryon en particulier), humain (pour le couple et l’enfant), de santé (pour la mère, mais aussi pour l’enfant), social (avec des revendications toujours plus transgressives).

La PMA est en outre une technicisation de la conception de l’enfant, c’est-à-dire un processus qui va à l’encontre de la perspective écologique.

Alors, on finance surtout la réponse à l'infertilité, et beaucoup moins la compréhension de ses causes.

Le rapport français sur les causes de l'infertilité de 2022 estimait le financement de la recherche fondamentale sur la reproduction humaine et la fertilité à seulement environ 2,5 M€ par an sur la période 2014–2021. Il recensait seulement 50 projets ANR (Agence nationale de la recherche) sur huit ans. Le rapport soulignait explicitement que ce niveau était très inférieur aux besoins.

Depuis, la France a commencé à réinvestir : le programme France 2030 « Santé des Femmes, Santé des Couples » dispose de 25 M€ sur cinq ans, dont un axe entier consacré à l'infertilité. Il porte justement sur les causes environnementales et génétiques, les mécanismes de l'infertilité, la gamétogenèse, la préservation et la restauration de la fertilité, etc. Ce qu'on ne sait pas c'est quelle somme sur ces 25M€ est accordée à l'infertilité.

En comparaison, le coût de la PMA en France s'élève à environ 300 M€.

À l'heure des économies, investir dans la recherche contre l'infertilité permettrait vraisemblablement d'éviter de dépenser toujours plus dans des PMA. Pour le bénéfice des générations futures, il faut accélérer la recherche sur l’infertilité.

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