Le Syndicat de la Famille
ParentalitéNote hebdo

Mieux accompagner les couples pour prévenir les divorces

7 octobre 2026

Les divorces fragilisent durablement les enfants et les adultes, avec des conséquences importantes sur le niveau de vie et la pauvreté. La politique familiale doit donc davantage agir en amont, en donnant aux couples les moyens de construire et de préserver leur vie.

divorce

Le divorce a un coût humain et social important. Chaque année, environ 380 000 enfants sont concernés par le divorce de leurs parents. L’année de la rupture, leur niveau de vie diminue en moyenne de 19 % et leur taux de pauvreté atteint 29 %. Cinq ans après, leur niveau de vie reste inférieur de 12 % à celui d’avant la séparation.¹


Les femmes sont particulièrement exposées : leur niveau de vie diminue en moyenne de 24 % l’année du divorce et leur taux de pauvreté passe de 16 % à 36 %.² En 2024, 34 % des personnes vivant dans une famille monoparentale sont pauvres.³
Une séparation transforme un foyer en deux et entraîne mécaniquement une augmentation des dépenses liées au logement et à la vie quotidienne. Elle peut également accroître le recours aux prestations sociales. Les conséquences dépassent donc largement la seule relation entre les deux conjoints : elles touchent directement les conditions de vie des enfants et peuvent contribuer à la précarisation des familles.


Face à ces conséquences, la politique familiale intervient encore trop souvent une fois la rupture engagée ou consommée. Les prestations sociales, les aides au logement, l’accompagnement des familles monoparentales et la médiation familiale sont indispensables pour accompagner les conséquences des séparations. Mais une politique familiale cohérente doit également investir dans la prévention.

Prévenir la rupture avant d'en payer le prix

Le conseil conjugal et familial permet aux couples qui le souhaitent d’être accompagnés lorsqu’apparaissent des difficultés : communication, conflits, organisation du foyer, arrivée d’un enfant ou équilibre entre vie familiale et vie professionnelle. Une première étude d’impact, reprise par le HCFEA (Haut Conseil de la famille, de l'enfance et de l'âge), estime qu’1 € investi dans le conseil conjugal pourrait permettre d’éviter entre 5 et 11 € de dépenses publiques directes à cinq ans.⁴ Cette estimation mérite encore d’être consolidée par une évaluation publique indépendante, mais elle souligne l’intérêt potentiel d’une politique de prévention.

La préparation au mariage pourrait également permettre aux futurs époux d’aborder concrètement les réalités de la vie conjugale et familiale : gestion des désaccords, responsabilités parentales, organisation du foyer, arrivée des enfants et articulation entre vie professionnelle et vie familiale.

La solution consiste donc à compléter l’accompagnement des familles après la rupture par une politique de prévention en amont. Une préparation au mariage civil pourrait être proposée aux futurs époux et un forfait pris en charge par les Caf pourrait permettre aux couples qui le souhaitent d’accéder à plusieurs consultations de conseil conjugal et familial auprès de professionnels qualifiés.

Références

¹ France Stratégie / Ined, Les séparations parentales : quelles conséquences sur les enfants ?, 2024.
² Insee, Les séparations de couple ont des conséquences économiques importantes pour les femmes, 2021.
³ Insee, données sur le niveau de vie et la pauvreté en 2024.
⁴ HCFEA, Les comportements conjugaux et familiaux, 2024.

Faire de la prévention des divorces un axe à part entière de la politique familiale, en développant la préparation au mariage et l’accès au conseil conjugal et familial.

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