Repenser et aménager l'espace public pour les familles
28 octobre 2026
En juillet 2026, la Commission nationale consultative des droits de l’homme a appelé les pouvoirs publics à repenser la place des enfants dans l’espace public, dans un contexte marqué notamment par le développement des espaces « no kids ». Les choix d’aménagement ont une influence très concrète sur la vie des familles : déplacements avec de jeunes enfants, trajets vers l’école, possibilité de jouer dehors ou autonomie progressive des enfants. Or, les dernières données montrent que cette autonomie recule. Repenser l’espace public à hauteur de famille doit donc devenir un objectif de politique familiale.

Les enfants effectuent aujourd’hui leur premier déplacement seuls à 11,6 ans en moyenne, contre 10,6 ans pour la génération de leurs parents. Trois parents sur quatre estiment par ailleurs que la marche et le vélo sont devenus plus dangereux pour leurs enfants qu’à l’époque de leur propre enfance.
Cette perception se retrouve dans les pratiques : un tiers des enfants utilise quotidiennement la voiture en France hexagonale. Si 85 % disposent d’un vélo, seuls 6 % l’utilisent tous les jours.
L’espace public conditionne la vie quotidienne des familles
La politique familiale ne se joue pas uniquement dans les prestations, la fiscalité ou les modes de garde. Elle concerne aussi l’environnement quotidien dans lequel les parents élèvent leurs enfants. Trottoirs difficiles avec une poussette, circulation importante, absence de bancs ou de sanitaires, manque d’ombre et d’espaces de jeu peuvent limiter les sorties et renforcer la dépendance à la voiture. Aujourd’hui, seuls 35 à 40 % des enfants se rendent à l’école à pied ou à vélo, contre environ 60 % il y a trente ans.
Un espace public accueillant pour les enfants est aussi plus facile à vivre pour leurs parents, les personnes âgées ou les personnes à mobilité réduite.
Cheminements piétons sécurisés, rues scolaires, bancs, sanitaires, zones ombragées, aires de jeux et espaces permettant aux générations de se rencontrer sont autant d’aménagements simples qui peuvent faciliter concrètement la vie familiale.
Il ne s’agit pas de réserver la ville aux enfants, mais de considérer leur présence comme une réalité normale de l’espace public.
Pour chaque projet important de création ou de rénovation d’une rue, d’une place, d’un parc ou d’un équipement public, les collectivités pourraient intégrer systématiquement les besoins des familles. Une grille d’évaluation simple permettrait notamment de vérifier la sécurité des déplacements, l’accessibilité avec une poussette, la présence d’assises, de sanitaires, d’ombre et d’espaces adaptés aux enfants.
La proposition n°6 du Syndicat de la Famille vise à aménager l’espace public pour les familles.
L’objectif est de faire entrer la réalité familiale dans les politiques locales d’urbanisme et d’aménagement, afin que les parents et les enfants puissent pleinement prendre leur place dans la ville.
Intégrer systématiquement les besoins des familles et des enfants dans les projets d’aménagement des collectivités et favoriser des espaces publics accessibles, sûrs et accueillants pour toutes les générations.
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