ONU - Février 2026 : - Appel à contributions sur la violence contre les femmes et les filles (62e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies sur la violence contre les mères)
12 février 2026
Le Syndicat de la Famille a répondu à l’appel à contributions de la Rapporteur spécial sur la violence contre les femmes.

La maternité demeure, dans de nombreux contextes, un facteur de vulnérabilisation. Elle est insuffisamment intégrée dans les politiques publiques et les organisations sociales.
Au-delà des difficultés professionnelles bien identifiées, nous observons également une dévalorisation culturelle et institutionnelle de la maternité elle-même : pressions exercées sur les femmes pour retarder ou limiter leurs projets d’enfant, manque de reconnaissance du travail éducatif parental, et obstacles opposés à celles qui souhaitent consacrer du temps à l’éducation de leurs enfants. Cette situation est particulièrement marquée dans plusieurs pays occidentaux, où la participation continue au marché du travail est souvent implicitement érigée en norme unique de réalisation féminine.
Les mères doivent pourtant pouvoir demeurer libres de leurs priorités et de leurs choix de vie. Le travail d’éducation des enfants constitue une contribution sociale majeure qui doit être reconnu, protégé et valorisé — y compris dans les droits sociaux et les droits à la retraite, où persistent aujourd’hui des inégalités significatives pénalisant les mères ayant interrompu ou adapté leur activité. Il est structurellement normal que la maternité implique, selon la santé et les choix des femmes, des périodes de pause ou d’aménagement professionnel ; ne pas en tenir compte expose de nombreuses mères à l’épuisement et à la précarisation.
Nous attirons également l’attention sur des formes d’exploitation spécifiques qui visent les femmes en tant que capacités reproductives : exploitation de la gestation, pression économique conduisant à la marchandisation du corps maternel, et pratiques impliquant la production d’ovocytes sous contrainte financière ou sociale. Ces situations constituent des atteintes à l’intégrité des femmes et doivent être analysées comme des violences.
La vulnérabilité maternelle doit enfin être considérée dans sa dimension familiale : l’abandon conjugal, l’isolement parental et la monoparentalité subie exposent fortement les mères à la pauvreté et aux violences économiques. Des politiques de prévention et de soutien doivent être développées pour réduire ces risques.
La protection effective de la maternité ne relève pas seulement de la politique familiale : elle constitue un enjeu de droits fondamentaux, de prévention des violences et d’équilibre social. À défaut, les conséquences sont visibles dans de nombreux pays à travers l’effondrement de la natalité et l’augmentation des situations de fragilité maternelle.
Nous défendons ainsi l’idée qu’une politique publique qui sécurise la maternité, respecte la liberté des choix de vie des femmes, valorise le rôle parental et réduit la précarité familiale contribue directement à la prévention des violences et à la protection effective des droits des femmes et des enfants.
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