Le Syndicat de la Famille
ParentalitéNote hebdo

Congé parental : redonner aux familles le pouvoir de choisir

23 septembre 2026

L'État et la collectivité peuvent mobiliser près de 2 000 € par mois pour une place en crèche, mais seulement 477 € lorsqu'un parent choisit de réduire ou d'interrompre son activité pour s'occuper de son enfant. Peut-on encore parler du libre choix des familles ?

couple avec un bébé

Depuis trente ans, la France finance toujours davantage les modes de garde afin de favoriser le retour rapide au travail (particulièrement des mères) après la naissance. Mais ce choix politique laisse peu de place à la présence des parents  auprès des enfants  et à la liberté d'organisation des familles.

Et si la France faisait un contresens majeur en matière de politique familiale ?

Au 1er janvier 2025, la France compte 1,9 million d'enfants de moins de trois ans. Selon l'enquête Modes de garde et d'accueil 2021, 56 % d'entre eux sont principalement gardés par l'un de leurs parents. Environ 20 % sont principalement confiés à une assistante maternelle et 18 % sont accueillis en crèche.¹

Pourtant, les financements publics racontent une tout autre histoire.

En 2024, la puissance publique a consacré 17,5 milliards d'euros à l'accueil des enfants de moins de trois ans :

  • 7,9 milliards d'euros pour les crèches ;
  • 5,7 milliards d'euros pour l'accueil individuel (assistantes maternelles et garde à domicile) ;
  • 1,1 milliard d'euros pour la PreParE, l'allocation versée aux parents qui réduisent ou interrompent leur activité pour s'occuper de leur enfant.

Aujourd'hui, 192 000 parents seulement bénéficient de cette prestation.¹

Une dépense publique à géométrie variable

Si l'on rapporte les dépenses publiques au nombre d'enfants concernés, le contraste est frappant.

Mode de garde

Dépense publique par an et par enfant

Dépense publique par mois et par enfant

Crèche (18 % des enfants)

≈ 23 000 €

≈ 1 925 €

Accueil individuel

≈ 10 500 €

≈ 875 €

Parent bénéficiaire de la PreParE

≈ 5 700 €

≈ 477 €

Le constat est sans appel

Aujourd'hui, l'État et la collectivité peuvent mobiliser près de 2 000 € par mois et par enfant pour une place en crèche, environ 875 € par mois et par enfant pour un enfant accueilli en mode individuel, mais seulement 477 € par mois et par enfant lorsqu'un parent bénéficie de la PreParE pour rester auprès de son enfant.

Autrement dit, 18 % des enfants concentrent près de 8 milliards d'euros de financements publics, tandis que le soutien direct au au temps parental demeure très limité.

Ce déséquilibre n'est plus seulement un constat politique. Dans son rapport de 2024, la Cour des comptes souligne que les financements publics privilégient fortement l'accueil collectif, pourtant plus coûteux, et recommande de renforcer le soutien à l'accueil individuel et à la garde parentale afin d'offrir un véritable choix aux familles.²

Les premières années comptent

Les travaux sur les 1 000 premiers jours, portés notamment par Santé publique France, rappellent que les premières années de vie sont décisives pour le développement affectif, cognitif et psychique de l'enfant.³

Le temps passé auprès de ses parents n'est pas un luxe. C'est un besoin fondamental.

Or les signaux d'alerte se multiplient : burn-out parental, difficultés croissantes des familles et dégradation de la santé mentale des enfants et des adolescents. Dans le même temps, le système de garde est lui-même sous tension : pénurie d'assistantes maternelles, difficultés de recrutement dans les crèches et places fermées faute de personnel.

Nous faisons face à une double impasse : un système de garde toujours plus coûteux et moins disponible, tandis que les familles disposent de moins en moins de liberté pour organiser les premières années de vie de leur enfant.

Il est temps de faire du libre choix des familles un principe de la politique familiale.

Le Syndicat propose une réforme inspirée du modèle suédois, fondée sur trois principes :

  1. un congé parental revalorisé ;
  2. une durée garantie ;
  3. une libre répartition du congé entre le père et la mère.

Garantir aux familles un véritable libre choix dans les premières années de vie de leur enfant ne doit plus être l'option la moins soutenue par les finances publiques.

C'est un investissement pour les enfants, pour les parents, pour la natalité, pour les finances publiques et, plus largement, pour l'avenir de notre société.


Notes

  1. Observatoire national de l'accueil du jeune enfant (ONAPE), L'accueil des jeunes enfants – Édition 2025 (données sur les modes de garde, les dépenses publiques et les bénéficiaires de la PreParE). <Cite ref=turn0search13/>
  2. Cour des comptes, Les politiques d'accueil de la petite enfance, 2024.
  3. Santé publique France, Les 1 000 premiers jours.
Garantir aux familles un véritable libre choix dans les premières années de vie de leur enfant ne doit plus être l'option la moins soutenue par les finances publiques. C'est un investissement pour les enfants, pour les parents, pour la natalité, pour les finances publiques et, plus largement, pour l'avenir de notre société.

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