"Maisons de la famille" : redonner confiance aux parents
26 octobre 2026
Plus de deux parents sur cinq jugent aujourd’hui difficile l’exercice de leur rôle parental et quatre parents sur dix déclarent se sentir parfois ou souvent seuls face à l’éducation de leurs enfants. Pourtant, la branche Famille de la Sécurité sociale consacre déjà 183 millions d’euros par an aux principaux dispositifs de soutien à la parentalité. Le défi n’est donc pas seulement budgétaire. Il s’agit de redonner aux parents toute leur place d’éducateurs, de rendre les dispositifs existants plus lisibles et d’intervenir suffisamment tôt pour prévenir les difficultés.

L’éducation d’un enfant relève d’abord de ses parents. Aucun professionnel ni aucune institution ne peut durablement se substituer à eux dans cette mission fondamentale.
Pourtant, le développement des modes d’accueil, de l’école, du périscolaire et des accompagnements spécialisés a parfois contribué à déléguer toujours davantage l’éducation à des tiers. Cette évolution peut fragiliser la confiance de certains parents dans leurs capacités éducatives. Beaucoup se sentent isolés ou ne savent pas vers qui se tourner lorsqu’ils rencontrent des difficultés.
Une multitude de dispositifs, mais une politique peu lisible
Depuis plus de vingt ans, les pouvoirs publics ont développé de nombreux dispositifs de soutien à la parentalité : réseaux d’écoute et d’accompagnement des parents (REAAP), lieux d’accueil enfants-parents (LAEP), contrats locaux d’accompagnement à la scolarité (CLAS), médiation familiale, espaces de rencontre, permanences psychologiques et ateliers.
Malgré leur utilité, ces initiatives restent dispersées entre CAF, départements, communes, associations et services de l’État. Les familles peinent parfois à identifier les aides disponibles et à savoir vers qui se tourner.
Cette fragmentation engendre également une complexité administrative pour les acteurs de terrain : multiplicité des financeurs, appels à projets, conventions et procédures de suivi. Elle peut entraîner des doublons et détourner une partie des moyens de l’accompagnement concret des familles.
Les parents ont besoin d’un point d’entrée identifiable, les acteurs de terrain d’une organisation plus simple et les financeurs d’une meilleure coordination.
Le Syndicat de la famille défend ainsi le déploiement progressif de Maisons de la famille dans chaque bassin de vie, sans créer un échelon administratif supplémentaire. Ces lieux devront s’appuyer sur les ressources existantes et répondre à cinq objectifs :
1. Offrir un Point écoute famille. Chaque Maison proposera un accueil gratuit, confidentiel et accessible à tous, permettant aux parents d’exprimer leurs difficultés, d’obtenir une information fiable et d’être orientés vers les professionnels compétents.
2. Coordonner les acteurs et les financements. CAF, départements, communes, associations familiales et professionnels de l’enfance devront élaborer une stratégie territoriale commune afin de mutualiser les ressources, de limiter les doublons et de simplifier les démarches administratives.
3. Informer systématiquement les familles. Les parents devront être informés de l’existence de ces lieux dès la naissance de leur enfant, puis aux grandes étapes de la vie familiale, grâce aux maternités, aux PMI, aux écoles, aux professionnels de santé et aux services publics.
4. Évaluer l’utilité des actions financées. Les financements publics devront privilégier les actions dont les résultats sont démontrés, à partir de critères d’accessibilité, de fréquentation et de satisfaction des parents.
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