Le Syndicat de la Famille
ParentalitéNote hebdo

Le temps partiel, une clé pour redonner du temps aux familles

30 septembre 2026

Les parents sont les éducateurs de leurs enfants. Vraiment ? Pourtant, l'organisation du travail et les difficultés liées au pouvoir d'achat leur laissent de moins en moins de temps pour exercer cette responsabilité essentielle.

télétravail avec enfants

Les parents sont les éducateurs de leurs enfants. Ce principe n'est pas seulement moral ; il est inscrit dans notre droit. L'article 371-1 du Code civil est sans ambiguïté : « L'autorité parentale appartient aux parents jusqu'à la majorité ou l'émancipation de l'enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé, sa vie privée et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. »

Si la loi confie aux parents cette responsabilité fondamentale, encore faut-il qu'ils disposent du temps nécessaire pour l'exercer.

Entre les horaires de travail, les trajets, l'école, les activités périscolaires et les différents modes de garde, certains parents ne retrouvent leurs enfants que le soir. À quel moment peuvent-ils les accompagner dans leurs devoirs, écouter leurs difficultés, transmettre leurs valeurs ou simplement partager un repas ?

Notre organisation collective demande trop souvent aux familles de s'adapter aux contraintes du travail. Nous devons aussi permettre au travail de mieux s'adapter aux réalités familiales.

Revaloriser le temps partiel

Le temps partiel choisi peut permettre aux parents, de dégager plusieurs heures chaque semaine pour être davantage présents à leurs côtés.

Ces heures ne sont pas des heures perdues : elles sont consacrées à l'éducation, à l'accompagnement et à la vie familiale. Pourtant, le temps partiel reste souvent associé à une perte de revenus, à des pénalités de carrière ou à un déclassement professionnel.

Choisir temporairement de travailler moins pour consacrer davantage de temps à ses enfants ne devrait pas être considéré comme une faiblesse professionnelle. Le temps parental a une valeur sociale et doit être reconnu comme tel.

Donner aux familles un véritable choix

Il ne s'agit pas d'imposer le temps partiel. Chaque famille doit pouvoir choisir l'organisation qui lui convient : temps plein, temps partiel, télétravail ou horaires aménagés.

Le temps partiel doit donc être accessible, choisi et réversible, avec une meilleure protection des parcours professionnels et la possibilité de revenir à temps plein lorsque la situation familiale évolue.

Les résultats de l'enquête PISA 2025 de l'OCDE montrent ainsi un recul préoccupant de l'implication parentale telle qu'elle est perçue par les élèves. La France affiche un indice d'investissement parental de -0,42, contre -0,19 en moyenne dans les pays de l'OCDE. Cet indicateur, fondé sur les déclarations des élèves, ne mesure pas directement le temps passé par les parents avec leurs enfants, mais il constitue un signal d'alerte. En seulement trois ans, la part des élèves déclarant que leurs parents leur demandent chaque semaine ce qu'ils ont fait à l'école est passée de 74 % à 63 %. Les échanges hebdomadaires sur les difficultés scolaires ont, eux, reculé de 48 % à 34 %.

Ces chiffres ne révèlent pas un désintérêt des parents pour leurs enfants. Ils témoignent d'une réalité économique et sociale : les familles disposent de moins en moins de temps.

La baisse du temps de travail représente toutefois un coût financier important pour de nombreuses familles. Elle doit donc pouvoir être accompagnée par des politiques publiques, afin que le temps parental ne devienne pas un privilège réservé aux ménages les plus aisés.

Revaloriser le temps partiel, c'est reconnaître que le temps consacré à sa famille a lui aussi une valeur. L'enjeu n'est pas de travailler moins à tout prix, mais de permettre à chaque famille de trouver un équilibre adapté à ses besoins : temps partiel, horaires plus souples, droit effectif à la déconnexion et télétravail lorsque cela est possible ; mieux protéger les carrières des parents à temps partiel, en limitant les pénalités professionnelles et salariales ; réformer les politiques familiales afin qu'elles donnent la priorité au temps passé par les parents auprès de leurs enfants plutôt qu'à la seule multiplication des solutions de garde.

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