Maisons départementales des personnes handicapées : les délais de traitement continuent d’éprouver les familles
29 septembre 2026
Les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) ouvrent l’accès à des droits décisifs, mais leurs délais restent très inégaux. Lorsqu’une décision tarde, l’attente administrative devient une épreuve financière, professionnelle et humaine supportée par la personne handicapée et toute sa famille élargie.

Créées par la loi « Handicap » du 11 février 2005, les MDPH ont vu leur activité tripler : le nombre de décisions et avis rendus sont passés de 1,58 million à près de 5 millions en 2023. Au 2ème trimestre 2025, le délai national moyen atteignait encore 4,4 mois, au-dessus du délai réglementaire de 4 mois : 4,6 mois pour les demandes adultes, 4 mois pour les enfants et 5,9 mois pour la prestation de compensation du handicap (PCH). En outre, cette moyenne masque des écarts de 2 à 11 mois selon les départements. Ainsi, le Pas-de-Calais signalait 5 mois pour les dossiers adultes et 8 mois pour la PCH, le Puy-de-Dôme affiche désormais 5,5 mois pour les adultes et 5,2 mois pour les enfants. En somme, parmi les 96 752 répondants à l’enquête de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), « Ma MDPH, mon avis » publiée en mars 2026, le délai demeure le premier motif d’insatisfaction des familles.
Un « parcours du combattant »
La Conférence nationale du handicap (CNH) du 4 septembre a reconnu ce « parcours du combattant » … mais sans garantir de nouvelles mesures contre le dépassement de ces délais. Elle a prolongé les 18 mesures lancées en 2025 : évaluation d’un formulaire simplifié expérimenté dans 5 départements, outil numérique d’aide au remplissage testé dès la rentrée 2026, référents de parcours dans chaque MDPH, système d’information national unifié à partir de 2028. Cependant, cette échéance laisse encore subsister au moins 2 années supplémentaires d’inégalités territoriales. Aucun budget propre n’a été précisé pour les 2 mesures de la CNH consacrées aux MDPH.
Pour une famille, ces mois suspendent notamment l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH), une orientation scolaire ou encore, une aide humaine. Par exemple, après sa notification, le droit accordé peut ne rester que théorique : à la rentrée 2025, sur les 352 000 élèves handicapés ayant obtenu une décision d’accompagnement, 48 626 d'entre eux restaient sans accompagnant d’élève en situation de handicap (AESH). Ce retard administratif déplace ainsi, sur la famille élargie, le coût que la solidarité nationale devait couvrir.
Ainsi, le Syndicat de la Famille demande des réponses, concrètes et adaptées, afin d’agir sur les délais opposables et la continuité des droits, tant pour les adultes que les enfants handicapés, notamment à travers :
- Un amendement dans les crédits « Enseignement scolaire / Vie de l’élève » - 2ème partie de la loi de finances - créant une « garantie de continuité familiale », après 4 mois sans décision prise par la MDPH : avance provisoire, prise en charge du reste à charge et compensation du temps assuré par le proche.
- Une proposition de loi instaurant un « compte après-parents » défiscalisé, abondable par la famille sans réduction des droits sociaux de la personne handicapée, pour financer son logement ou son accompagnement, pendant la période de rupture de droits.
- Une expérimentation départementale de consultations de « thérapie familiale » remboursées et une ligne d’urgence, dédiée aux familles confrontées à un dossier bloqué.
L’État doit garantir la continuité effective des droits des personnes et financer les relais nécessaires, afin que les parents, les proches aidants et les générations futures n’aient plus à supporter les conséquences des retards des MDPH.
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