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Euthanasie et suicide assisté au Sénat : revers pour les partisans du geste létal

Le mercredi 21 janvier 2026 restera une date historique en matière de débats parlementaires sur un enjeu civilisationnel, même si rien n’est encore définitif sur la fin de vie, loin de là.

Alors que l’examen en 1ère lecture de la proposition de loi Falorni était en cours au Sénat, l’hémicycle a infligé un revers puissant aux partisans de l’euthanasie : suite à l’adoption de deux amendements (des sénateurs Dominique de Legge et Laurent Burgoa) sur l’accès à l’euthanasie et au suicide assisté qui ont déplu à la gauche, l’article 4 a été rejeté : par des sénateurs de gauche, mécontents de cette nouvelle écriture, et par des sénateurs de la droite qui ne veulent pas de la légalisation de ces actes, quelles qu’en soient les conditions.

Or ce rejet de l’article 4, l’un des piliers du texte puisqu’il définissait les critères d’accès à l’euthanasie et au suicide assisté, a désarticulé la proposition de loi, plongeant la suite des débats dans la confusion puis conduisant, finalement, à une réécriture complète du texte, article après article.

Le texte issu de cet examen inédit, dans une rédaction peu claire due aux circonstances, consiste désormais à détailler les critères et conditions de la sédation profonde et continue, une possibilité légalisée en 2016 par la loi Claeys-Leonetti en cas de souffrances réfractaires.

De ce fait, « l’assistance médicale à mourir » (terme qui avait été adopté le 7 janvier par la Commission des affaires sociales pour remplacer « aide à mourir », ce qui ne changeait rien sur le fond) désigne maintenant la manière dont les médecins peuvent agir pour soulager les souffrances de fin de vie, ce qui correspond, en l’occurrence, à sa mission.

Pour lire la proposition de loi sur le site du Sénat, cliquez ici.

Cependant, pour que le texte ainsi réécrit soit bien celui-ci qui conclura la 1ère lecture au Sénat, il faut encore qu’il soit adopté lors du vote solennel sur l’ensemble du texte prévu le 28 janvier. Il reviendra ensuite à l’Assemblée nationale en 2nde lecture, puis à nouveau au Sénat.

En revanche, s’il est rejeté le 28 janvier, la version de l’Assemblée nationale resterait d’actualité.

Ce basculement du 21 janvier signe un refus clair de basculer vers une société de la mort administrée. Le Sénat a tenu son rôle : entendre les inquiétudes des patients, des familles et du corps médical, refuser la logique d’abandon, et préserver une certaine idée du soin, fondée sur la vie et le soulagement, non sur la provocation de la mort.

Pour appeler les sénateurs à voter en faveur de la proposition de loi le 28 janvier, rendez-vous sur la plateforme message-aux-senateurs.fr.

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