[TRIBUNE] Derrière l’affaire Caroline Cayeux, le délit d’opinion

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Parce qu’ils avaient exprimé en 2012 et 2013 leur opposition au mariage et à l’adoption pour les couples de même sexe, un procès médiatique en homophobie a été lancé, dès la formation du gouvernement Borne 2, contre les ministres Gérald Darmanin, Christophe Béchu et Caroline Cayeux.

Suite à une interview de cette dernière, le 12 juillet, sur la chaîne Public Sénat, dans laquelle elle tentait de s’expliquer, des plaintes ont été déposées à son encontre par des associations et une pétition a été lancée par une cinquantaine d’élus de la Nupes, avec le magazine Têtu, appelant à la démission des trois ministres.

Tribune de Ludovine de La Rochère, présidente de La Manif Pour Tous

 

Caroline Cayeux et deux autres ministres sont attaqués pour délit d’opinion par ceux qui chassent en meute, ceux qui se sont auto-déclarés du camp du bien. Tous les autres, ceux qui n’en sont pas, étant nécessairement dans la haine et le mal. La seule issue, pour les premiers, serait l’auto-flagellation et pour les seconds, le lynchage médiatique et politique. Quant aux observateurs, tous sont sommés d’ajouter leur pierre pour parachever la lapidation, sous peine d’être condamnés aux mêmes peines.

Pathétiques mea culpa

Hélas, au lieu de dénoncer d’emblée l’interdiction qui lui était signifiée de jouir de sa liberté de penser et de se déterminer suivant sa conscience, la nouvelle ministre a tenté (maladroitement) de se justifier. Naïve, elle n’avait pas encore compris qu’elle ne pouvait que s’enfoncer encore davantage, et d’autant plus qu’elle était mal à l’aise, ce qui l’a conduit depuis à multiplier de pathétiques mea culpa.

Il était en réalité inutile d’aller sur le fond du sujet puisque cela n’intéresse nullement ceux qui attaquent ces ministres : pour leurs censeurs, s’interroger sur le mariage de personnes de même sexe, c’est-à-dire sur le sens et la finalité du mariage, est coupable en soi. C’était déjà le cas tout au long de l’examen du projet de loi. Et neuf ans plus tard, rien n’a changé !

Le procédé est bien connu : il consiste à en appeler à l’homophobie. Dire son désaccord avec le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe serait synonyme d’homophobie. La belle affaire pour faire taire ! Pour attaquer ainsi et museler tout débat, ces censeurs manqueraient-ils d’arguments ?…  L’échange et le dialogue sont pourtant au cœur de la démocratie. Et même si la loi a été adoptée, au nom de quoi cela interdirait-il de penser et d’exprimer ses convictions ?

On parle d’homophobie lorsqu’une personne est discriminée, maltraitée, victime d’insultes ou de violences en raison de son orientation sexuelle. L’extrapolation qui est en faite aujourd’hui pour interdire toute réflexion, et plus encore tout désaccord, sur les revendications des associations militantes LGBT est un détournement de sens. Si celui-ci se poursuit toujours, avec la même véhémence, c’est sans doute pour assurer la mise en œuvre des revendications suivantes que sont la PMA sans père, la PMA pour les personnes trans, la transidentité, la GPA, etc.

Climat menaçant

Et il est clair que s’en prendre à des ministres en fonction, c’est s’assurer – surtout si le président de la République les « démissionne » finalement – d’un climat menaçant qui clouera définitivement au pilori toute opposition politique éventuelle sur ces revendications sociétales…

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