Extrait de l’article de Boulevard Voltaire du 11 février 2026
Le 5 février, le gouvernement a dévoilé les 16 mesures phares de son « plan pour lutter contre l’infertilité », parmi lesquelles l’envoi d’une lettre aux jeunes de 29 ans. Ce programme permettra-t-il de relancer la natalité en France ? Réponses avec Ludovine de La Rochère, présidente du Syndicat de la famille, présente au grand événement BV « Françaises en danger », le 30 janvier dernier, pour évoquer le grand appauvrissement des femmes.
Sabine de Villeroché. Une lettre envoyée par la Sécurité sociale aux 29 ans « avant la fin de l’été » : est-ce pertinent pour redonner aux Français l’envie d’avoir des enfants ?
Ludovine de La Rochère. Avoir des enfants, c’est-à-dire fonder une famille, ne se décrète pas, et surtout pas par un tiers, et encore moins via un courrier reçu de l’État, même si l’émetteur sera la Sécurité sociale afin de donner une coloration d’information médicale sur la fertilité. Venant d’un organisme perçu comme purement administratif et désincarné, c’est clairement déplacé. Le comble étant que ce courrier pourrait venir heurter la souffrance d’un célibat non désiré ou d’une grossesse espérée en vain depuis longtemps.
Au passage, si l’objectif de ce courrier est la fertilité, cet âge est alors bien tardif, car la fertilité des femmes commence à baisser à l’âge de 30 ans et que l’on ne fait pas un enfant du jour au lendemain, surtout si l’on n’est même pas encore engagé dans une vie de couple.
Un courrier sur ce sujet sera donc aussi intrusif qu’inefficace, car fonder une famille dépend d’abord du couple et de sa capacité à se projeter dans l’avenir. En réalité, l’essentiel est là : donne-t-on envie aux jeunes de s’engager, et leur donne-t-on cette possibilité ?