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À la question « les médecins peuvent-ils donner la mort ? », les députés ont répondu « non ».

L’Assemblée nationale examine en ce moment, en 3e lecture — dite « nouvelle » lecture — la proposition de loi visant à instaurer une « aide à mourir », c’est-à-dire à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté.

Or, ce mardi 23 juin, un amendement a été adopté pour que les médecins n’aient pas à réaliser le geste létal. Ce vote inattendu a conduit de nombreuses personnes à écrire au Syndicat de la Famille pour en savoir plus sur la portée et les conséquences, auxquels nous répondons ici.

Cet amendement a été adopté en référence au serment d’Hippocrate : « Je ne provoquerai jamais la mort délibérément ». Que les députés se soient appuyés sur ce serment, fondamental dans l’exercice de la médecine depuis le IVe siècle avant Jésus-Christ, est une bonne nouvelle. Cela signifie qu’ils ont enfin abordé le cœur même du sujet qui est de savoir s’il serait acceptable de faire mourir volontairement des patients. Cette fois-ci, les députés ne se sont pas retranchés derrière de termes euphémisants : le curseur des débats a bien été focalisés sur l’acte lui-même : donner la mort. Et à la question « les médecins peuvent-ils donner la mort ? », les députés ont répondu « non ».

Que les médecins ne soient pas tenus de le faire est évidemment, en soi, une bonne nouvelle. Si ce n’est que les médecins auraient tout de même à prendre la décision s’ils sont saisis d’une demande. Et que, s’ils valident la demande, ils en porteraient bien la responsabilité : la mort serait donnée, certes par un autre, infirmier en l’occurrence.

Quant aux infirmiers, ce n’est pas plus acceptable pour eux, évidemment, d’avoir à donner la mort. Et justement, des amendements avaient été aussi déposés afin qu’ils n’aient pas à pratiquer d’euthanasie. Mais, étonnamment, les services de l’Assemblée nationale avaient déclaré ces amendements irrecevables. Un refus qu’il conviendra d’examiner de plus près car on ne voit pas ce qui pourrait le justifier.

De son côté, la Fédération nationale des infirmiers a dénoncé cette idée de faire peser entièrement de tels actes sur les épaules de ces professionnels dont le métier vise aussi à soigner et non à tuer.

Quoiqu’il en soit, cet amendement va faire l’objet d’un nouveau délibéré qui a été demandé par le rapporteur. On peut malheureusement craindre une mobilisation générale de tous les députés favorables à l’euthanasie et au suicide assisté, de sorte que, lors de ce second vote, il se retrouve finalement rejeté.

C’était donc une bonne nouvelle pour le débat de fond : il y a eu, cette fois-ci, une réflexion bien réelle sur le cœur même des enjeux, mais pas encore complète donc. Et cela ne signifie pas, a priori, que la proposition de loi pourra être vidée de sa substance, ni que l’euthanasie ne sera pas adoptée et légalisée.

Cette proposition de loi ouvre des questions vertigineuses dont certains semblent prendre conscience seulement maintenant. C’est tout de même une bonne nouvelle, mails il faudrait qu’ils soient encore un peu plus nombreux.

Tout reste encore possible, sachant qu’il va y avoir une nouvelle lecture au Sénat aussi, puis, en principe, une lecture finale mi-juillet à l’AN.

Le danger est en tout cas immense, car légaliser l’euthanasie serait contraire au respect de l’être humain, au respect de la vie, à la protection de toutes les personnes vulnérables. En fait, à la morale la plus élémentaire.

Il est par conséquent essentiel de se mobiliser et de répondre à l’appel lancé pour ce dimanche 28 juin, à Paris à 16h, place de Fontenoy (Paris VII). Le Syndicat de la Famille appelle tous ceux qui ne peuvent vraiment pas venir à écrire aux députés grâce au site message-aux-deputes.fr

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