Bientôt applicable, la loi autorisant le suicide assisté et l’euthanasie met en danger les personnes les plus vulnérables. Sans délit d’incitation et sans accès aux soins palliatifs, comment peuvent-elles faire face à leurs souffrances et aux pressions ?
Promulguée le 18 août 2026, la loi légalisant le suicide assisté et l’euthanasie sera applicable dans quelques semaines, dès la publication des décrets la concernant.
Or en l’absence de délit d’incitation et sans un meilleur accès aux soins palliatifs, les personnes vulnérables sont en grand danger.
Pour les personnes malades ou handicapées
Celles qui vivent des souffrances intolérables, mais qui n’ont pas accès aux soins palliatifs, lesquels les soulagent, dans l’immense majorité des cas, sur les plans physique et psychique, peuvent se sentir acculées à demander la mort pour ne plus souffrir.
Les personnes gravement malades ou handicapées, dont les soins médicaux sont complexes et/ou la prise en charge lourde, risquent de se voir suggérer le suicide assisté ou l’euthanasie, sans même se voir proposer les soins palliatifs pour celles qui sont en toute fin de vie. Elles risquent de ne plus se sentir soutenues dans leur épreuve et d’avoir l’impression que l’entourage, familial, hospitalier ou institutionnel, préfèreraient en finir. Une épreuve morale qui s’ajouterait à l’épreuve que ces personnes vivent déjà.
Pour nos aînés
Des personnes qui vivent en Ehpad risquent aussi de se voir suggérer d’être « aidées à mourir » lorsque leur état de dépendance s’accentue et que leur prise en charge s’alourdit, par exemple lorsqu’elles ne peuvent plus se lever, ou même s’asseoir, sans aide humaine ou sans recours à un système de portage long à manipuler… Le risque est d’autant plus grand que la loi sur “l’aide à mourir” a ouvert cette possibilité même aux personnes sous protection juridique, c’est-à-dire n’ayant pas, ou plus, toutes leurs capacités intellectuelles.
Alors que les aide-soignantes ne sont pas assez nombreuses et que les listes d’attente pour entrer en Ehpad ne cessent de s’allonger, nos aînés doivent être protégés de toute pression.
Quant aux familles, si beaucoup sont investies et disponibles, d’autres ne le peuvent pas : vivant loin, divisées entre frères et sœurs, ou supportant des difficultés matérielles ou autres, elles peuvent mal supporter le besoin de visites de leur aîné, elles peuvent peiner à payer l’Ehpad voire, dans le pire des cas, attendre un héritage.
Déjà mal à l’aise, seuls, se sentant peser, ces aînés peuvent aussi se voir suggérer, par leur propre famille, de demander à mourir.
Développer les soins palliatifs et créer un délit d’incitation
Face à ces risques intolérables, deux urgences absolues : créer des unités de soins palliatifs dans tous les départements qui n’en ont pas encore. La loi sur les soins palliatifs votée en 2026 l’a prévue, mais c’est la 4e loi qui le prévoit ! Cette nouvelle loi ne visait qu’à justifier, en parallèle, la loi autorisant « l’aide à mourir ».
Les objectifs affichés de la loi soins palliatifs de 2026, dont le maintien du budget de développement sur dix ans, doivent être réellement appliqués. Et un délit d’incitation doit être créé et pour lequel Le Syndicat de la Famille a élaboré une proposition de loi.