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Les enfants, les grands oubliés de la rentrée

À chaque rentrée, l’organisation des adultes est au cœur des préoccupations : horaires, transports, garde, activités ou reprise du travail. Tout est pensé, anticipé, planifié. Mais l’enfant, dans tout cela ? Qui se soucie de ses besoins ?

Le mal-être des jeunes ne peut plus être considéré comme une simple fragilité individuelle. Les chiffres alertent : en France, plus d’un collégien ou lycéen sur dix présente un risque important de dépression. Pourtant, notre pays figure parmi ceux qui offrent les meilleures conditions de bien-être aux enfants selon l’UNICEF.

Face à ce paradoxe, nous préférons trouver des coupables : les écrans, les réseaux sociaux, la pression scolaire…

Mais osons nous interroger : quelle est la place que nos sociétés accordent réellement à l’enfant ? Dès l’annonce d’une grossesse, les préoccupations sont souvent le mode de garde, la reprise du travail, la logistique. Et si nous commencions plutôt par nous demander : de quoi mon enfant aura-t-il besoin pour construire sa sécurité affective ?

Nous savons combien cette sécurité est fondamentale pour son développement. Pourtant, combien d’enfants passent dix heures par jour en collectivité ? Combien connaissent des journées plus longues que celles de certains adultes ? École, cantine, garderie, périscolaire, activités… Puis le week-end : courses, sorties, obligations.

L’enfant doit sans cesse s’adapter à notre rythme

Bien sûr, les parents font souvent ce qu’ils peuvent. Les contraintes professionnelles, économiques et sociales sont réelles. Il ne s’agit pas de culpabiliser les familles, mais de regarder en face une question collective : notre organisation est-elle réellement pensée à partir des besoins de l’enfant ?

Si nous voulons faire de l’enfant une priorité, il faut repenser notre rapport au temps : le temps passé en collectivité, le temps scolaire et périscolaire, mais aussi le temps de présence parentale. 

Du temps. De la présence. Du sommeil et de la sécurité affective aussi. Et parfois, tout simplement… de l’ennui.

Pour tout ça il faut redonner aux parents de véritables marges de manœuvre plutôt que de nouvelles injonctions.

Car cette question n’est pas seulement éducative ou familiale. Elle est politique.

Prévenir le mal-être des adolescents ne commence peut-être pas au collège. Cela commence bien plus tôt, dans la manière dont nous accueillons les besoins fondamentaux de l’enfant.

Une rentrée est l’occasion de repartir sur de nouvelles bases. Alors posons-nous vraiment la question : les enfants sont-ils notre priorité, ou seulement un discours que nous aimons tenir ?

Pour le Syndicat de la Famille, l’ensemble des politiques publiques relatives à la famille, à l’éducation, au temps scolaire et à l’organisation du travail doit être évalué à l’aune des besoins fondamentaux de l’enfant, selon son développement, son bien-être et sa sécurité affective.

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